Mircea Milcovitch est né en 1941 au sud de l’ancienne Bessarabie, territoire aujourdh’ui partagé entre l’Ukraine et la Moldavie. Il étudie l’architecture et l’art à l’Institut d’Arts Plastiques de Bucarest et y rencontre sa femme Maria Mesterou, également artiste. 

En 1966, il se rend avec un groupe d’amis dans un village des Carpates pour travailler isolé et en pleine nature. Anticonformiste et libre, le groupe va constituer un noyau d’artistes qui sera en rupture avec l’art officiel : le réalisme socialiste.

Durant un voyage en URSS, un événement décisif a lieu dans la construction de la démarche artistique de Mircea : la rencontre avec la coupole de l’église Russe. Mircea va alors apprivoiser les formes élémentaires de l’architecture sacrée Slave. Elles seront la base de sa recherche artistique. 

Les structures primordiales de Mircea sont un dialogue entre la science et la nature, une sorte de méditation méta-physique qui nous révèle des phénomènes naturels existants mais imperceptibles à nos yeux. Mircea rend visible l’invisible. On comprend alors pourquoi il intitule ses oeuvres « Expansion », « Méta-phénomène »… Des termes qui renvoient au caractère immuable et infini de l’impermanence de toute chose. 

En 1968, il se rend à Paris dans le cadre d’une exposition intitulée «  6 jeunes peintres Roumains » à la galerie Lambert. Il restera en France pour fuir le communisme. C’est pour lui comme une seconde naissance. 

Les sérigraphies de Mircea, influencées par l’art sacré Russe et l’art cinétique, connaissent un succès considérable. La période est foisonnante. Il participe à de nombreuses expositions personnelles et collectives. En 1971, il expose ses sérigraphies aux côtés de Picasso et César à la galerie « La pochade ». « Knoll International » s’intéresse également à son travail et le représentera.

À partir de 1970, Milcovitch travaille la matière et réalise ses premières sculptures. On y retrouve toujours ses formes élémentaires, si spécifiques. Le marbre devient progressivement son matériau de prédilection. Quelques années plus tard, en 1977, il reçoit le Prix Fénéon de l’Académie de Paris (Sorbonne) pour son oeuvre sculptée. 

Son travail se trouve aujourd’hui dans de nombreuses collections officielles. La Bibliothèque Nationale conserve un grand nombre de ses estampes. Des œuvres sont achetées par l’État français. Une sculpture se trouve à l’ambassade de France à Bucarest. L’église de Saint-Germain-des-Prés présente également un couple d’anges sur son hôtel.

Largement reconnus par les instituions dans les années 1970, les travaux de Mircea Milcovitch  appellent une relecture contemporaine ainsi qu’une plus large diffusion auprès du public.