LUCIEN BEYER

LUCIEN BEYER

(1908-1983)

 

L’OEUVRE BAVARDE D’UN HOMME SILENCIEUX

 

VOIR LES OEUVRES

 

Lucien Beyer est né en 1908 à Vaud, en Suisse. Fils du céramiste Paul Beyer, il est d’abord dessinateur pour la soierie puis se découvre peintre.

Il est l’un des artistes à l’origine du groupe Témoignage. Ce collectif, créé par Marcel Michaud en 1936 à Lyon, regroupe une quinzaine d’artistes tels que Jean Bertholle, Jean Le Moal où Etienne Martin. Ce dernier réalise, la même année, le buste de Lucien qui est aujourd’hui exposé au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

En 1938 à Paris, la galerie Matières de René Breteau dévoile le travail de Lucien lors de la première exposition consacrée au groupe. Marcel Duchamp en fera partie ainsi qu’une quinzaine d’artistes liés au groupe Témoignage. Jusqu’en 1940, plusieurs expositions leurs sont consacrés, notamment à la Galerie Folklore de Marcel Michaud à Lyon. 

Lucien n’aime pourtant pas que l’attention soit braquée sur lui. Son humilité et sa timidité sont parfois un frein à sa popularité en tant qu’artiste, mais pas à son art. Il a conscience d’être parfois à contre-courant des autres, mais il s’en fiche. Il tient à sa liberté. Il a pour devise : « Un tableau doit être agréable à regarder et donner une impression de facilité ». 

Le groupe Témoignage se dissout en 1940. 

Au lendemain de la guerre, Lucien Beyer passe de la figuration à l’abstraction. Les repères figuratifs deviennent flous. Pourtant, les titres qu’il inscrit au dos des tableaux nous font imaginer une certaine représentation du réel. Beyer suit son chemin et exposera à la Galerie la Palette Bleue et à la Galerie Yves Jaubert à Paris.

En 1965, lors d’une rétrospective à la Galerie la Palette Bleue, rue de Seine, son oeuvre est décrite très justement : « C’est une peinture nerveuse, foisonnante et rapide, avec des lacis graphiques vagabondant dans l’espace, elle traduit des odeurs, des instants, une perception intense et active de la vue à son stade vital. » 

Depuis, il n’a plus exposé. Comme d’autres, ses oeuvres ont été dispersées, ne laissant plus à Lucien la possibilité d’obtenir la reconnaissance qu’il a toujours méritée, sans jamais oser la réclamer.