Plus tard, après la disparition de sa mère, elle quitte les États-Unis pour Paris. Elle y poursuit ses études à l’American College in Paris avant de se former auprès du peintre Roger Barr. L’abstraction lui offre alors une discipline, une manière d’organiser l’espace. Pourtant, derrière les recherches formelles, quelque chose résiste déjà. Thacher éprouve le besoin de revenir vers le monde visible, vers les êtres, leurs tensions, leurs fragilités.
Au début des années 1970, elle fréquente les ateliers parisiens, dessine inlassablement d’après modèle et abandonne progressivement les chemins de l’abstraction. Le corps humain devient son territoire. Les visages, les regards, les présences anonymes occupent désormais le centre de la toile. Son admiration pour Van Gogh, Munch, Ensor, Rouault, Nolde ou encore les artistes du groupe Cobra nourrit une peinture directe, tendue, traversée de couleurs vives et d’émotions sans détour. C’est aussi à cette époque qu’elle choisit de signer Fitzou.
Derrière ce pseudonyme se joue un acte de liberté. Dans un milieu où les femmes peinent encore à être regardées autrement qu’à travers leur statut, elle préfère brouiller les pistes. Sous ce nom, elle expose à Paris puis à Londres avant de reprendre celui de Barbara Thacher.